Dimanche 31 mai 2009 7 31 /05 /Mai /2009 17:51

J'ai connu après un chagrin un homme dont je fus la moitié et qui fut mon double. Et je n'aurais pas connu le véritable feu sans celui qui de ses flammes froides me rongea avant de le rencontrer.
J'allais sur mes dix-huit ans. Nous étions vierges, incompétents, sensuels. J'avais en moi, plus que lui, la terrible envie de lui appartenir dans le secret du sang et du sperme, d'avancer avec lui, avec passion, vers l'extraordinaire sexualité. Je m'empressais, dans les hautes chambres de sa maison, de me coller tout contre son corps déjà adulte et de frotter mes lèvres à chaque partie de sa peau. Je m'appuyais avec tendresse et ferveur. Il fut le premier à qui j'offris à la fois mon coeur, mon corps et des choses qui existent et restent encore aujourd'hui la part d'ombre de mon être. Quand nous fîmes l'amour, la première fois, je partais en vitesse. Combien je fis d'effort pour cacher mon sourire, et ce nouveau soleil en moi! Je ne peux m'empêcher de penser qu'il fut, lui aussi, ébranlé ce jour-là: je sentais, des pieds à la tête, l'odeur de son sperme, de sa sueur, et sous moi, entre les fibres de coton d'une petite culotte mouillée tremblait et battait un nouveau coeur de sang, une exquise déchirure.

Par Camille
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La poésie creuse la vie

Parée de son enfance et de tous les vices la poétesse pose sur le papier des mots qui tombent au-travers...

 

 

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